La Solitude






Les changements de saisons amènent avec eux leurs lots de tension dans nos vies. En effet, plus le temps est froid, plus les gens restent à l'intérieur. Les activités se terminent plus tôt à cause de la noirceur. La sédentarité prend facilement le relais. Et avec elle souvent, s'installe un surplus de poids, un surplus de travail, un surplus de stress.
Dans le fond, quand on y pense, c'est bien légitime de réagir comme ça. On a tous envie d'être au chaud, d'être bien et confortable.
Comme on entre dans nos maisons, on entre aussi à l'intérieur de soi. En fait, on dirais qu'on dispose de beaucoup plus de temps pour réfléchir, pour se remettre en question et en même temps, on a pas nécessairement envie de réfléchir, ni de se remettre en question. Il y a là une impression de solitude qu'on ne veut pas ressentir. Et on a beau rester sous le même toit que d'autres, échanger avec des collègues ou des amis, lorsqu'on se retrouve là, en dedans de soi, c'est le vide qu'on côtoie.
Ce sentiment d'être seul, tout le temps perdure même avec les autres quand on y pense. On ne se sent pas uni, pas en lien. Et la période des fêtes n'aide en rien cet état d'être. Même que pour certains, la réalité se réflète comme une immense tristesse. Alors que l'on aimerait plutôt voir leurs yeux briller de joie.
Nous n'avons pas à souffrir de solitude.
Nous avons tous en nous les ressources nécessaires pour être heureux; pour faire de notre vie ce que l'on souhaite vraiment.
Alors cette année, pour vous, prenez le temps de revivre.

Isabelle Pitre
Coach de Vie, Thérapeute Humaniste

Le Deni de la réalité



Il survient quand, devant une réalité trop angoissante, nous nions l'évidence, comme si nous ne voulions pas la voir. En réalité, c'est que nous ne pouvons pas la voir tant elle serait douloureuse ou difficile à assumer.

Un déni très concret en médecine est le déni de grossesse. Il s'agit de femmes qui, enceintes, ne se rendent pas compte qu'elles attendent un enfant. Ce déni peut être partiel. Il dure alors seulement une partie de la grossesse. Mais il peut aussi être total, jusqu'à l'accouchement. C'est ainsi que certaines femmes accouchent seules sans jamais avoir réalisé qu'elles étaient enceintes. Aucun rapport avec des limitations d'ordre intellectuel, il s'agit de femmes qui n'ont pas intégré les signaux de leur corps, qui ne les ont pas perçus. Et cela peut se produire dans n'importe quelle couche de la société, y compris chez des femmes qui sont déjà mères.
Le plus étonnant chez ces femmes qui dénient leur grossesse réside dans le fait qu'elles ne manifestent souvent aucun symptôme : leur ventre ne grossit pas, leurs seins non plus, elles n'ont pas de nausées ... Leur corps suit la croyance de leur esprit qui est " je ne suis pas enceinte ".
La cause de cette réaction étonnante est l'angoisse énorme qu'entraînerait cette grossesse. Le cerveau réagit comme s'il ne pouvait accepter la réalité.

Il existe aussi d'autres dénis protecteurs, comme celui qui se met en place devant une maladie. L'annonce de cette maladie est tellement horrible qu'on a l'impression que la personne ne l'a pas entendue, assimilée. Plus observé encore, le déni d'infidélité : " tout le monde le savait, sauf l'intéressé qui se voilait la face ". Quand on ne veut pas voir la réalité, une partie de notre cerveau réussit à l'occulter. Et ce stratagème ne se fait pas consciemment, c'est une sorte de réflexe de sauvegarde devant une angoisse apparemment insoutenable.

Pour ces raisons, le phénomène de déni de la réalité est considéré comme un mécanisme de défense contre une angoisse. C'est pourquoi il n'est pas bon de vouloir casser ce déni sans se poser la question suivante : " De quoi protège-t-il cette personne ? Quelle est son angoisse sous-jacente qui ne lui permet pas d'ouvrir les yeux ? "

Dans les cas extrêmes, ce déni de la réalité peut aller jusqu'à la psychose, c'est-à-dire la maladie mentale. Une personne peut refuser le monde tel qu'il est et le considérer de manière totalement autre, comme un monde parallèle.
Mais la plupart des dénis se cantonnent à un domaine précis, celui où nos éprouvons des faiblesses, où nous sommes fragiles ...


Dr Catherine Solano